AVAD ‘ALAV HA-KELA’H

S. Yéhuda Bonjour.

Y. Bonjour Stéphanie.

S. Yéhuda, ce matin, j’ai voulu donner ma montre à réparer et l’horloger m’a dit : Avad ‘alav ha-kéla’h. Qu’est-ce que cela signifie ?

Y.   Que votre montre est vieille, qu’elle n’est plus réparable. Mot à mot : « La force est perdue »,« la force de votre montre s’est perdue » .  Avad, est perdue, ‘alav, de lui, car en hébreu, une montre cha’on est un nom masculin,  kéla’h, forceha-kéla’h, la force. Avad ‘alav ha-kéla’h.   

S.    Un autre exemple ?

Y.   C’est une belle robe, mais démodée. Avad ‘aléha ha-kéla’h. Avad,  est perdue, ‘aléha, d’elle, ha-kéla’h, force. Avad ‘aléha ha-kéla’h.

S.    D’où vient cette expression ?

Y. De la Bible. Mais, la signification du mot kéla’h n’est pas claire car il ne se trouve dans la Bible que quatre fois et à deux reprises, il s’agit sans doute du nom d’une ville. En hébreu moderne, l’expression n’est plus utilisée que dans cette expression. Et pour dire force on utilise le mot, koa’h.

Dans le livre de la Genèse, il est écrit :

 

מִן הָאָרֶץ הַהִוא יָצָא אַשּׁוּר; וַיִּבֶן אֶת נִינְוֵה וְאֶת רְחֹבֹת עִיר וְאֶת כָּלַח. אֶת רֶסֶן בֵּין נִינְוֵה וּבֵין כָּלַח הִוא, הָעִיר הַגְּדֹלָה

(בראשית י, יא-יב)

 

De cette contrée, il s’en alla en Assur, où il bâtit Ninive, Rehovot Ir et Kéla’h ; puis Résèn, entre Ninive et Kéla’h, cette grande cité.

(Béréchit 10, 11-12).

 

Les deux autres fois où l’on rencontre un sens différent au mot kéla’h, c’est dans le Livre de Job :

תָּבוֹא בְכֶלַח אֱלֵי קָבֶר; כַּעֲלוֹת גָּדִישׁ בְּעִתּוֹ (איוב ה, כו

« Au terme extrême de la vieillesse, (quand la force se sera retirée de toi), tu entreras dans la tombe, comme s’élève une meule de blé dans la saison voulue. » (Job 5, 26)

Le mot kéla’h, semble donc signifier une force. Dans le Livre de Job, il est aussi écrit,

גַּםכֹּחַ יְדֵיהֶם, לָמָּה לִּי; עָלֵימוֹ, אָבַד כָּלַח (איוב ל, ב

« A quoi m’eût servi le concours de leurs mains ? Eux, ils ont perdu leur force, leur maturité. » (Job 30, 2)

Là aussi, le mot kéla’h semble signifier « une force ».

S.    La force s’est retirée de ma montre ? Je l’ai achetée, il y a un an à peine !

Y.   Celui qui vous a dit cela, était peut-être vieux et fatigué.

A.      Avad ‘alav ha-kéla’h.

Y.   Essayez un autre horloger. J’en connais un jeune, charmant, efficace.

S.    Est-ce un chidoukh que vous me proposez ?

 

Les mots de « La minute d’hébreu »

A perdu avad אבד
De lui ‘alav עליו
D’elle ‘aléha עליה
Montre cha’on שעון
Force kéla’h כלח
Force koa’h כח

Photo  Roni Benari – www.ronibenari.com