GOÏ

Vous a-t-on déjà traité de goujat ? Espérons que non. Et si cela vous arrivait, savez-vous que ce mot est issu de l’hébreu ?

Le terme qui désignait un valet d’armée un peu rustre au XVIIe siècle est le masculin de gouge, vocable utilisé en ancien français pour nommer une fille de mauvaise vie et dont la version moderne a donné le mot argot « gouine ».

Selon les étymologistes, la gouge était une domestique au service d’une famille juive en Provence, à l’époque des Juifs du Pape dans le Comtat Venaissin du XIIIe au XVIe siècle, et ce terme est un dérivatif du mot « goya », que l’on retrouve également dans d’autres expressions en français comme celle de goinfre ou de gougnafier.

Dans la France de l’époque, les préjugés antisémites furent sans doute à l’origine de la désignation d’une domestique chrétienne comme fille de mauvaises mœurs, la « goya » de la famille juive. En hébreu, le mot « goï » a évolué. Dans la Bible, il désigne les nations, mais au fil du temps et des relations entre juifs et non-juifs, il a pris une connotation négative et est synonyme d’imbécile, comme l’insulte suprême en yiddish, « Tête de goï ».

Mais il est aussi devenu un nom de famille courant, notamment parmi les Marranes, comme celui du célèbre peintre espagnol Francisco Goya, peut-être né de la rencontre fortuite d’un goujat et d’une gouge ou d’une goya. »

 

Les mots de « La minute d’hébreu »

Les Nations, non-juif goy גוי
Non-juive goya גויה

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