TEL-AVIV

Chacun sait que Tel-Aviv est un mot composé qui signifie « colline du printemps ».

Mais savez-vous que Tel-Aviv est d’abord le nom d’une localité babylonienne évoquée par le prophète Ezéchiel. Soulevé et emporté par le souffle divin, le prophète constate qu’il arrive : « à Tel-Aviv, vers les exilés ».

 

   Et j’allai vers les exilés à Tel-Aviv, vers ceux qui demeurent près du fleuve de Kébar, et là où ils étaient assis, je demeurai pendant sept jours, affligé, au milieu d’eux. (Ezéchiel 3, 15)

וָאָבוֹא אֶל-הַגּוֹלָה תֵּל אָבִיב הַיֹּשְׁבִים אֶל-נְהַר-כְּבָר

 

Dans la Torah et les livres des Prophètes, tel désigne une colline formée d’un monceau de ruines un tumulus, un monticule artificiel qui repose sur les ruines successives de villages détruits ou abandonnés. L’adjectif dérivé, taloul, signifie « escarpé ».

Aviv est l’une des quatre saisons de l’hébreu médiéval et de l’hébreu moderne, bien que dans la Bible il n’existe que deux saisons : ‘horèf : la saison froide, et kayits, la saison chaude. Aviv, dans la Bible, c’est la période où les jeunes pousses apparaissent après l’hiver. Aviv introduit l’espoir d’une bonne récolte.

Le philosophe André Neher explique que c’est Nahum Sokolov, en 1902, qui choisit le nom biblique de Tel Aviv pour traduire en hébreu le titre du célèbre manifeste sioniste de Théodore Herzl : Altneuland (littéralement : alt-neue le vieux-nouveau, land, pays). En français, le livre a été publié sous le titre : Terre ancienne, terre nouvelle (éd. Rieder  1931). Comme Altneuland, Tel Aviv connote une relation directe entre le Nouveau et l’Ancien. Tel signifie ruine et aviv, printemps, donc une ruine qui vit un nouveau printemps, Altneuland !

Les pionniers sionistes ont repris ce nom pour la création en 1906 de leur première localité urbaine : Tel-Aviv.

 

Les mots de « La minute d’hébreu »

Colline (formée d’un monceau de ruines) tel תל
Escarpé taloul תלול
Printemps aviv אביב
Été kayits קיץ
Hiver ‘horèf  חורף

Crédit Photo : Rosine Klatzmann Tel Aviv Photomosaics